L'ECRIT DE JOIE

L'ECRIT DE JOIE

Estelle, la jeune fille du conservatoire - (Episode 43)

 

 

                                                            Estelle

 

 Le cours de jeudi se déroula lui aussi d’une façon anormalement "normale". Estelle n’était pas venue avant l’heure. Elle ne me fixa pas une seule fois. La jeune fille s’en alla avec les autres élèves. Ma tristesse me submergea une fois encore. Jusqu’aux larmes. Chez moi, vers 21 heures, je reçus un SMS. < Dimanche 14 heures, centre hippique. Venez, je vous en supplie ! >. Je répondais par l’affirmative.

 

Dimanche j’étais à l’heure. Je marchais dans les allées qui menaient aux gradins lorsque la voix de la jeune fille me fit me retourner. < Monsieur ! Bonjour. Comme je suis contente que vous soyez venu ! >. Estelle était suivie par ses parents et un jeune homme de haute taille, plutôt athlétique et souriant. Je saluais les parents de la jeune fille et le garçon.

 

< Je vous présente Jonathan ! > me fit Estelle. Je serrais la main de ce gaillard qui était encore plus grand que moi. Sa poigne vigoureuse était celle d’un homme honnête, d’un sportif. Nul doute que la situation de la jeune fille et de Jonathan devait être "officialisée". Estelle prit la main du jeune homme et me fit un sourire apaisé. Curieusement je l’étais aussi. Toute tristesse venait de me quitter.

 

J’assistais à l’épreuve et à la prestation d’Estelle assis aux côtés de Jonathan. Il se pencha vers moi et glissa à mon oreille : < Merci pour tout. Estelle m’a tout raconté ! >. Malgré mon étonnement, je m’entendis répondre : < Je crois qu’elle est entre de bonnes mains ! >. Je trouvais mon propos ridicule. Pourtant le jeune homme me fit encore : < Elle vous en sera toujours reconnaissante. Moi aussi ! >.

 

A la fin du concours, je fus invité à la remise des prix et au pot de l’amitié. Estelle avait remporté haut la main le premier prix dans la catégorie où elle excellait, le saut d’obstacle. Je la félicitais. A un moment, elle eut l’opportunité de me glisser à l’oreille : < Je t’aime encore, je dois en guérir ! >. Je lui fis un sourire rassurant. Estelle tempéra avec peine le désir de se précipiter dans mes bras.

 

Le soir, j’étais chez moi à faire un peu de repassage. Soudain il y eut un coup de sonnette. J’allais ouvrir. Quelle ne fut pas ma surprise de voir Estelle, là, debout dans l’encadrement de la porte. Elle tomba dans mes bras en sanglots. < C’est trop dur ! C’est si dur de vivre ! > me fit-elle. Je la serrais fort. Je la berçais longuement pour la calmer. Nous sommes rester ainsi très longtemps.

 

< Je m’en vais. C’était si bien avec toi ! Tu m’as tout appris. J’ai l’impression d’avoir vécu un rêve. Il faut que je me fasse violence. Ce sera difficile mais il y a la patience de Jonathan ! > Je l’écartais lentement en la tenant par les épaules. < Il faut y aller, Estelle, maintenant. Ne te retourne pas sur le passé, il est inutilisable. File ! >. La jeune fille se détourna pour s’enfuir sans se retourner.

 

Je la regardais depuis ma fenêtre. Estelle marchait très vite pour remonter chez elle. Là-haut, les lumières de la maison de ses parents semblaient briller d’une lumière vive. Comme jamais. J’étais serein. J’aimais cette fille. Je savais les différents rôles que j’avais eu à interpréter avec et pour elle. Je n’éprouvais aucune tristesse. Mon sentiment restait intact. C’était sans doute une force pour affronter les épreuves à venir.

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02/03/2017

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